Choix Goncourt de la Géorgie

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Hervé Le Tellier remporte la 2ème édition du Choix Goncourt de la Georgie !

La deuxième édition du Choix Goncourt de la Géorgie a été organisée par l’Institut français de Géorgie et l’Université d’État Ilia avec le soutien du bureau régional de  l’Agence Universitaire de la Francophonie.

Comme en 2019, le Choix Goncourt de la Géorgie 2020 a porté sur la troisième sélection du Prix Goncourt, faite par l’Académie Goncourt. Les étudiants de cinq universités, les lycéens de deux écoles et les jeunes lecteurs de la Médiathèque de l’Institut Français de Géorgie, au nombre de 117, ont participé à la sélection. Le jury interne de chaque établissement a choisi un représentant au sein du Jury général, réuni le 27 mai, qui a délibéré à huis clos. A l’issue des discussions, qui ont duré deux heures, c’est le roman d’Hervé Le Tellier L’Anomalie qui a remporté le prix Goncourt choix de la Géorgie 2020 par 6 voix contre 3.

 

Le choix de cette année récompense un véritable roman oulipien d’anticipation à contraintes, plein d’ironie, de sarcasmes, de citations et allusions, de pastiches et de parodies, mêlant genres et registres, données scientifiques et références littéraires et artistiques – des auteurs et leurs œuvres, films et peinture -, faisant preuve d’une véritable prouesse oulipienne. « Un roman à la fois fluide et très écrit », pour emprunter la formule à Victor Miesel, l’auteur de L’Anomalie dans L’Anomalie. Un roman psychologique, dans l’air du temps, qui tient le lecteur en haleine par une perspective narrative intéressante, pleine de suspens, un livre qui se prête à une lecture archi-plurielle, comportant des faits réels et une fiction vertigineuse rédigée dans un style virtuose, un exercice de style que l’on pourrait comparer à La vie mode d’emploi ou à La disparition de Georges Perec. Un roman avec des personnages que l’on retrouve dans différentes situations et qui représentent différents univers, qui sont dédoublés, confrontés à eux-mêmes.

 

Les connaissances mathématiques de l’auteur rendent crédibles les formules et la logique d’explications des mathématiciens et des physiciens qui tentent de saisir le mystère de ce dédoublement des vols et des personnages. Sa profession de journaliste lui facilite la tâche de rédiger les pages qui relatent les reportages télévisés et les articles de journaux.

Et bien sûr, c’est un roman qui traite des problèmes tant existentiels que métaphysiques et environnementaux – la pollution, le réchauffement climatique, la sixième extinction, etc. 

La simulation – le simulacre, la déconstruction, l’intertextualité, le pluralisme et l’éclectisme, la redondance de la réflexion sur le texte et sur le processus de sa création (ce que dans les études littéraires on appelle « le masque de l’auteur ») ou le métatexte, le rapport auteur-lecteur, tous ces concepts-clés de la littérature postmoderne, traversent tout le roman. Pour ne citer que l’épigraphe à la troisième partie – La chanson du néant - tirée du roman de Victor Miesel : Aucun auteur n’écrit le livre du lecteur, aucun lecteur ne lit le livre de l’auteur. Le point final, à la limite, peut leur être commun.  

Si l’une des fonctions principales de la littérature est de faire rêver et d’aider le lecteur à réfléchir, à coopérer avec l’auteur, le roman d’Hervé Le Tellier L’Anomalie est une parfaite réalisation de cette fonction.